Département Universitaire de Médecine Générale de TOURS

MeSH : définition, intérêt, mode d’emploi

samedi 21 janvier 2006

MeSH : définition, intérêt, mode d’emploi

Par Philippe Eveillard

L’actualisation annuelle du MeSH fournit l’occasion de reparler de ce thesaurus, de plus en plus utilisé sur la Toile mais toujours aussi méconnu des médecins. Mise au point en trois étapes : définition, intérêt, mode d’emploi.

Définition : le thesaurus de Medline
MeSH est l’abréviation de Medical Subject Headings, qui se traduit en langage documentaire par « vedettes-matières » médicales et en langage courant par descripteur médical.
L’ensemble des descripteurs MeSH constitue le thesaurus de la banque de données bibliographiques Medline. Rappelons qu’un thesaurus est un vocabulaire contrôlé, c’est-à-dire une liste de termes ayant entre eux des relations hiérarchiques, synonymiques et de proximité.
Les relations hiérarchiques sont celles du descripteur au sein de son arborescence. Ainsi, chaque descripteur a un descripteur au-dessus de lui (une « branche » plus grosse que lui) et un ou plusieurs descripteurs au-dessous (des « branches » moins grosses que lui). Exemple avec le descripteur MeSH « luxations ». Le descripteur au-dessus de lui est « plaies et traumatismes » et les deux au-dessous sont « luxation hanche » et « luxation épaule » (les articles ne sont pas les bienvenus dans les thesaurus...).
Les relations synonymiques et de proximité sont plus simples à appréhender. Les premières rapprochent deux termes de même signification, les secondes deux termes ayant des rapports de voisinage. Exemple avec le descripteur « artérite temporale » : les deux synonymes sont « Horton, maladie » et « Artérite Cellule Géante » ; le descripteur de proximité est « pseudo-polyarthrite rhizomélique ».

Intérêt : le praticien et le documentaliste parlent le même langage
La première utilisation des descripteurs MeSH est l’indexation des articles sélectionnés par la banque de données bibliographiques Medline. Depuis la création des répertoires
« MeSH dépendants » (CISMeF pour l’espace francophone ; DDRT, Cliniweb, Omni pour l’espace anglophone), les descripteurs MeSH sont aussi sollicités pour caractériser le contenu des « pages » de la Toile.
Lorsque des articles sont indexés dans Medline à l’aide d’un descripteur MeSH et que le praticien utilise ce même descripteur (en tant que terme du MeSH) pour effectuer sa requête, la pertinence est au rendez-vous.
Les notices affichées correspondent bien à sa demande.
Lorsque, dans le même contexte de requête dans Medline, le praticien utilise le descripteur en tant que mot clé (Text Word), la pertinence est moins bonne. Parmi les notices affichées, certaines le sont uniquement parce que le mot clé figure dans le résumé (et non dans le bordereau d’indexation).
Enfin, lorsque le descripteur MeSH est utilisé dans un contexte totalement différent de requête dans un moteur de recherche type Google ou AltaVista, la pertinence est encore moins bonne. Les moteurs de recherche indexent tous les mots des « pages » de la Toile. Si le descripteur figure dans une page sans rapport direct avec le sujet de la page, la référence du document s’affiche quand même à l’écran. S’obliger à « parler MeSH » avec un moteur de recherche qui ne le parle pas ne sert à rien.
La pertinence des résultats fournis par un outil de recherche est d’autant plus grande que le documentaliste qui indexe et le praticien qui effectue la requête parlent le même langage. Le MeSH est ce langage. Et c’est son principal intérêt.

Mode d’emploi : les outils d’aide à la recherche des descripteurs
Traduire en langage MeSH les mots clés de la requête est le principal obstacle à l’utilisation du thesaurus. Deux types d’outils aident à franchir cet obstacle : les outils de mapping et les lexiques.
Le mapping analyse statistiquement l’environnement d’un mot afin de dresser la liste des termes les plus fréquemment rencontrés dans cet environnement. C’est une façon de trouver des termes « voisins », si ce n’est « équivalents ». L’outil de mapping le plus performant est celui de l’interface d’interrogation de Medline « Internet Grateful Med » (IGM). L’entrée d’un terme dans la fenêtre d’interrogation d’IGM et l’activation du bouton « Find MeSH Meta Terms » affiche la liste des termes voisins (et notamment des descripteurs MeSH voisins). La nouvelle interface de recherche de la National Library of Medicine (Gateway) offre la même fonctionnalité.
Deux lexiques anglais-français des descripteurs MeSH sont proposés sur la Toile : MeSH 2000 du réseau dicdoc de l’Inserm et HON Sélect de la fondation Health On the Net. Ils s’appuient tous les deux sur le travail de traduction effectué par les documentalistes de l’Inserm. Le premier (MeSH 2000) est plus souvent « occupé » que le second (HON Sélect).

En pratique
La traduction en langage MeSH des mots clés d’une requête diffère selon qu’elle se fait dans le sens mot clé français ­ descripteur français (pour explorer CISMeF, par exemple) ou dans le sens mot clé français ­ descripteur nord-américain (pour interroger Medline ou explorer CliniWeb, par exemple).

* La traduction d’un mot clé français en descripteur français fait intervenir :
­ soit un des deux lexiques, si le mot clé est un synonyme du descripteur ;
­ soit le mapping d’IGM, puis un des deux lexiques, dans le cas contraire.
Dans le premier cas, le mot clé est entré dans la fenêtre d’interrogation de MeSH 2000 ; l’activation de la recherche affiche le descripteur MeSH correspondant (en français et en anglais). Exemple : l’entrée de Horton affiche les deux descripteurs MeSH « algie vasculaire face » et « artérite temporale ».

Dans le second cas, l’opération est plus complexe. Il faut :
­ traduire le mot clé en anglais ;
­ entrer le mot clé anglais dans la fenêtre d’interrogation d’IGM ;
­ activer « Find MeSH Meta Terms » ;
­ choisir le descripteur dans la fenêtre de résultat ;
­ solliciter l’un des deux lexiques pour sa traduction en français.
Exemple : l’entrée de Horton disease dans IGM affiche « temporal arteritis » et « cluster headache » ; choix de « temporal arteritis » ; entrée de « temporal arteritis » dans un des deux lexiques ; affichage de la traduction française (artérite temporale).

* La traduction d’un mot clé français en descripteur anglais fait intervenir :
­ soit un des deux lexiques si la traduction du mot clé en anglais est un synonyme du descripteur anglais ;
­ soit le mapping d’IGM dans le cas contraire (traduction du mot clé en anglais et entrée du mot clé dans la fenêtre d’IGM ; choix du descripteur dans la fenêtre de résultat).


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